D’un point de vue strictement technique, le close-combat est facile à définir. Mais pour établir une définition claire et sans équivoque, il convient d’abord éliminer le contre sens généralement répandu concernant l’objet du close-combat.
Ce contre sens s’est diffusé de manière insidieuse à la fin des années 1980, avec l’émergence des self-défenses en milieu civil. A cette époque, le monde occidental n’a pas connu de conflits militaires généralisés de longue date et les opérations menées alors par les armées sont ponctuelles et déléguées aux régiments parachutistes spécialisés. C’est l’époque où l’on entend dire en milieu militaire que le Président de la République lui-même, François MITTERRAND, a fait interdire l’apprentissage et la pratique du close-combat. La nature a horreur du vide. Et c’est le monde civil qui s’empare alors – dans une logique capitaliste – de la notion de close-combat: on invente alors de nouvelles formes de combat rapproché, on leur donne une origine militaire (souvent étrangère), et on vend ce produit en milieu civil en assurant que ce sont des « recettes pour tuer ou éviter d’être tué ».
Or, le close-combat n’est pas un catalogue de techniques pour tuer ou éviter d’être tuer. Les techniques du close-combat ne sont pas des recettes. L’objet du close-combat n’est pas de donner la mort à l’ennemi ou de l’handicaper définitivement. Mais le but du close-combat est de survivre. Survivre à un affrontement où l’on est souvent diminué (inférieur numériquement, techniquement, physiquement) face à un adversaire dont l’intention est de vous diminuer encore plus.